Liban : l’armée se déploie à Zawtar al-Gharbiya dans le cadre de la première phase de l’accord tripartite

Département des actualités internationales 21/07/2026
L’armée libanaise a annoncé, mardi, le début du déploiement de ses unités dans la localité de Zawtar al-Gharbiya, située dans le district de Nabatiyé, au sud du Liban. Cette opération marque la mise en œuvre de la première phase de l’accord-cadre conclu entre le Liban et Israël sous médiation américaine, conformément au mécanisme issu du comité tripartite chargé de superviser les arrangements sécuritaires dans le sud du pays.
Dans un communiqué officiel, le commandement de l’armée a appelé les habitants à ne pas regagner la localité pour le moment, précisant que les opérations de sécurisation sont toujours en cours. Les autorités militaires ont insisté sur la nécessité de respecter les consignes des unités déployées afin de garantir la sécurité des civils.
Dès leur entrée dans la localité, les unités du génie militaire ont lancé des opérations de déminage et de reconnaissance afin d’identifier et de neutraliser les explosifs, les munitions non explosées ainsi que les vestiges des combats. Des explosions contrôlées ont également été effectuées pour éliminer les restes d’engins explosifs, tandis que d’autres renforts militaires continuaient d’affluer vers la zone.
Ce déploiement s’inscrit dans le cadre des travaux du Groupe de coordination militaire pour le Liban, créé en juin dernier dans le cadre de la « formule-cadre ». Cette structure réunit le Liban, les États-Unis et Israël et a pour mission d’assurer le suivi des mesures de désengagement, de coordonner le retrait progressif des forces israéliennes et de superviser le transfert des responsabilités sécuritaires à l’armée libanaise.
Selon les dispositions de l’accord, le retrait israélien doit s’effectuer de manière graduelle en commençant par des « zones pilotes ». Une fois les forces israéliennes retirées, l’armée libanaise assume la responsabilité exclusive de la sécurité de ces secteurs, avec pour objectif de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire concerné et d’empêcher toute présence militaire non étatique.
D’après plusieurs médias israéliens, le retrait de l’armée israélienne de Zawtar al-Gharbiya a déjà commencé afin de permettre le déploiement des forces libanaises. Les autorités israéliennes considèrent que l’une des principales missions confiées à l’armée libanaise sera d’empêcher toute réimplantation militaire du Hezbollah dans la région, de démanteler les infrastructures encore présentes et d’assurer le contrôle sécuritaire des localités concernées, notamment Zawtar al-Gharbiya, Frun et Srifa.
Ces trois localités se situent à proximité de la frontière sud du Liban, où les forces israéliennes maintiennent encore une présence dans certaines positions stratégiques malgré le lancement du processus de retrait. Cette région demeure l’un des principaux foyers de tension depuis la reprise des affrontements entre Israël et le Hezbollah au cours des derniers mois.
Le lancement de cette première phase intervient quelques heures avant la rencontre prévue à Washington entre le président libanais Joseph Aoun et le président américain Donald Trump. Cette visite diplomatique revêt une importance particulière alors que les discussions portent sur la poursuite de la mise en œuvre de l’accord et sur l’avenir du dispositif sécuritaire dans le sud du Liban.
Sur le plan politique, l’accord continue de susciter de vives réactions au Liban. Plusieurs responsables et formations politiques expriment leurs réserves concernant le concept de « zones pilotes », tandis qu’Israël conditionne la poursuite de son retrait à des garanties sécuritaires, notamment le désarmement du Hezbollah. Les États-Unis soutiennent également cette approche et poursuivent leurs efforts diplomatiques afin d’encourager les autorités libanaises à renforcer le monopole de l’État sur les questions de défense et de sécurité.
Ce déploiement constitue ainsi une étape importante dans la recomposition du dispositif sécuritaire au sud du Liban. Son évolution dépendra de la capacité des différentes parties à respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord, dans un contexte régional marqué par une forte instabilité et des tensions persistantes.



